81. 19 NOVEMBRE

Te souvient-il d’alors, te souvient-il de celle
Te souvient-il encore qu’une ombre fut si belle
Que la peine en fut douce et la douleur aimable
Que la chaîne fut chère, le poison désirable.

Te souvient-il encore, te souvient-il de celle
Alors que le rivage de brume se noie
Te souvient-il encore qu’une ombre fut si belle
Dans la lumière aveugle où l’automne tournoie

Au jour de la moisson, te souvient-il de celle
Au jour de la moisson, te souvient-il d’alors
Le temps de ta mémoire emplit son escarcelle
Le temps sème sa graine d’oubli et de mort