78. 12 FEVRIER 1995

La coupe de l’envie sans-cesse se dévide
Et mes lèvres du goût d’une mort bien aimable
S’emplissent et se montrent chaque jour avide
Alors que de l’oubli s’amoncellent les sables.

La peine même est fade et la saveur du temps,
Qui mon ennemi fut, me fuit et me délaisse.
Ma peau ne sent la pluie et ne perçoit le vent;
Mon âme est un spectre privée de sa détresse.

A l’automne des hommes, les jaunes feuill(es) s’adonnent
Aux ténébreuses danses de l’éternité.
Enlacés à la fin, de vieux fantômes sonnent
Le glas sourd des saisons qu’on ne vit décéder.