68. 18 AOUT, L’ENNUI

L’ennui est une crypte où reposent sans paix,
Comme de vieux cadavres vêtus de poussière,
Les âmes décharnées qui jadis dérivaient
Sur les fleuves obscurs des beaux jardins d’hier.

Aujourd’hui le silence est mon seul amour
Et le couple insipide dans le lit du temps
Baise d’indifférence chacun de mes jours
Sur les draps satinés de l’oubli apaisant.

Je noircis mes ailes à des bûchers éteints
Et traîne des artères vides d’espérance
Car chaque instant est de trop et mes lendemains
Empestent la mort douce et la nuit qui avance.