64. 13 JUILLET, CONTE DE FAITS

Aux temps de l'innocence et des amours naïves
Vivait en mon royaume une âme solitaire
Qui épousa l'espoir dont la bague fictive
Emprisonne les mains en des journées peu claires.

Elle vivait heureuse et l 'époux promettait
Des lendemains glorieux que la pauvre ingénue
Imaginait déjà comme jeune on le fait
Retentissants et fastes comme des fruits charnus.

Elle aurait les trésors que l'existence cache
A celles qui ne savent attendre qu'ils éclosent
Et goûterait des mets qui de tout se détachent
En des palais exquis qui sur le vent reposent.

Elle attendit longtemps et vit que les promesses
Ne se nourrissaient pas de la réalité.
Cependant quand l'amant vint combler sa tristesse
D'autres songes gratuits pleins de légèreté,

Elle y crut comme avant et lorsqu'ils s'évanouirent
Elle entendit en elle une voix qui criait.
C'était le corps stupide qu'elle avait voulu fuir
Qui mendiait à genoux l'amour qu'on lui devait.

Alors le froid du vrai vint glacer les passions
Que chaque soir l'époux de mains douce(s) et savantes
Caressait tendrement avec une affection
Qui n'était que mensonge pour sa triste amante.

C'est ainsi qu'aujourd'hui quand les vents se déchaînent
Le souvenir revient comme une plaie atroce
A l'âme qui tua son espérance vaine
Et fit le deuil amer de la nuit de ses noces.

Il n'est pas de morale au conte inachevé
Et sans cesse j'entends une voix qui gémit
Dans la nuit suffocante de ce noir été
Qu'en mon âme respire la veuve appesantie.