63. 12 JUILLET, ARCHEOLOGIE
Quand vient l'ombre couvrir en mon âme épuisée
Les lueurs imprécises du jour vacillant,
Mon être se dessèche et dans l'obscurité
J'entends ma peau se fendre en mon visage blanc.Le frêle cuir usé et craquant de partout
S'effile comme un voile tissé dans la soie
D'un vieux ver décharné dont le fil est à bout
Qui périt en silence abandonnant son toit.Je crains en ces instants une atroce douleur
Qui percerait mon corps quand viendrait le soleil
Brûler de ses rayons la chair nue de mon coeur
Et noircir lentement le sang de mon réveil.Mais chaque soir dévale quand tout se fissure
De mon regard amer la plus douce des bruines;
Elle irrigue le mal et la tristesse pure
Ravive pour un jour la plus morte des ruines.