61. 11 JUILLET, VESTIGE DE JUIN

J'ai rêvé une nuit d'une morne déesse
Aux yeux crevés de peine et dont la gorge creuse
Exhalait un parfum que seul(e) pouvait l'ivresse
Faire s'envoler enfin dans la débauche pieuse.

Ell(e) trouvait le salut dans sa nocturne église
Et priait chaque soir les saintes de la bière
De voiler un instant de leur douce méprise
Cette jeunesse aigrie qu'insultait la lumière.

Elle avait la beauté et comme les boissons
Les hommes dans son corps se vidaient de leur sève.
Plus saoule que jamais de ses amours poisons,
Elle était solitaire la plus triste des Eves.