60. 9 JUILLET, MENSONGE D'UNE NUIT D'ETE

Senteurs de citronniers en jeune floraison
Et mon être tout entier baigné de délice.
La nuit claire est torride et la chaude saison
Embrase ma peau de son langoureux supplice.

Le vent baise mes chairs de son souffle apaisant
Et la douce musique de son lent voyage
Pénètre tout mon corps en ses moindres versants,
Le plongeant un instant dans un charmant mirage.

Puis le songe s'achève et le corps se souvient
Qu'il a pour maître seul un cerveau en charpie
Et que l'âme qui guide ces joyeuses mains
N'a que faire du vent et abhorre la nuit.