56. 30 JUIN, DIPLOME

Le chant du poète a des accents mineurs,
Tout dans mon être étouffe à feindre le succès.
La chaleur est insulte à ma froide rancoeur
Et le plomb de l'échec pèse comme un décès.

Les rire(s) à l'alentours ont le goût du poison
Et dans la nuit tombante ils résonnent encore.
Je me damne dans une muette trahison,
Ne sachant plus même pour quel instinct de mort.

Il est de ces instants que l'on ne peut prévoir
Qui sans cesse ravivent ma jeunesse rance.
Je croyais alors que le temps noyait l'espoir
Et que le mal se déchirait dans la distance.

Le soleil indécent domine mon naufrage
Et les herbes jaunies en hommage s'inclinent.
Qu'on me couvre de diplôme(s) ou d'autres feuillages
Et c'est encore un automne qui m'assassine.