54. 21 JUIN, LE MIEL DE L'ETE

L'ensommeillement est comme une mort factice
Pas plus qu'elle il ne me vient à l'heure du doute.
Se plaisant à attendre que la source tarisse,
Me laisse savourer le miel de la déroute.

La vieillesse dans ma gorge s'est fait un nid
Et ma peau se froisse comme une grise feuille.
Je maudis le bonheur et n'ai que du mépris
Pour ce terne regard qu'elle a voilé de deuil.

Qu'importe la chaleur de cet été brûlant
Si mon âme indolente aime le monotone.
Le soleil me désole de son feu arrogant
Et toutes les saisons ont le goût de l'automne.