48. AVANT L'ETE

Enfanté de mort lente et de mélancolie,
Le ventre creusé de mon amère jeunesse.
Lourde de chair noire, mon âme se délie
Et se dissout dans l'acide de ma tristesse.

A l'écueil acéré qui ma gorge déchire,
Inscrit le nom d'une déesse d'élégie.
Malade d'années, je traîne mon souvenir,
Avide de passé, sans cesse je relis.

Ma grise destinée d'apparence vêtue,
A la brume des temps triste prostituée.
Infante de misère à mes espoirs déçues,
Sa majesté s'absente et me laisse vidé.