46. L'ABSENCE ET LE RETOUR
Aigre jour qui mon coeur ampute
De celle qui mon âme exile,
Aigre jour dans lequel je chute
A la tiédeur morte d'avril.Soif, tu m'étais si douce...
Au jour où revient à ma bouche,
Soif, tu m'étais si douce...
Le calice empli d'amère souche.Aigre nuit qui ma vue recouvre
Des ailes que l'amour mutile,
Aigre nuit pour laquelle je m'ouvre
Au-travers des heures inutiles.Sommeil, tu m'étais si doux...
Au jour où renaît en ma sève,
Sommeil, tu m'étais si doux...
L'aigreur infinie qui brise la trêve.