9. AUTEL
Les promesses insipides ruinent le temps
Et la saveur du vide gangrène mon sang.
Mes nuits ne se passent sans goûter de ces mets
Dont la robe est ma tristesse et la chair regret.Que n'ai-je été des feuilles que mènent les vents
Au trop grands froids se perdre dans les cieux brûlants.
Elles qui jamais leurs âm(es) à un Dieu ne rendent
Et qui ne lui porteront de telles offrandes.Je donnerai la pulpe exquise de mes cendres
Je n'ai guère plus que cette tendresse à vendre.Elle se repaîtra de mes senteurs macabres
Et je ferai fleurir de mes tripes son arbre.Je ferai des colliers des plus noirs chrysanthèmes
Et ma croix, d'amour couverte, sera blasphème.