7. LE BAISER

La sève en mon corps tarit
De sa grande sécheresse.
La suave essence me fuit,
Ne m’adhère que détresse.

La soif s’épanche de ma lassitude
Comme de délicate liqueur.
Sous le tiède couvert de ma solitude
Amour s’est faite rancoeur.

Au matin qui ma pensée chavire
Dans la clarté de l’inconscient,
Mes lèvres arides lentement se déchirent
Et s'offrent en baisers nacrés de sang.

Viens boire à ma bouche le suc de la vie
Et goûter la douceur des passions endormies.

Emporte ma douleur sous les flots de ton miel,
De ton amour sans ailes apaise ma peine.
Etends ton empire par-delà mon sommeil
Et ce soir, à l'ombre des amants, mort, tu seras reine.