1. SARABANDE

Les ombres dans la brume disparaissent,
Le silence s'installe lentement à l'appel de la nuit
Et la source renaît.

L'eau reprend son cours irriguant la chair morne
Et les espoirs passés reprennent vie.

Entre les regards complices de la mort et les furtives caresses de la vie,
Le rêve creuse, sans fin, les parois de son antre dans l'esprit de l'être.

Silhouettes imaginaires, hâtivement griffonnées...
Enlacées et noircies par la flamme dans sa danse maudite,
Se flétrissent doucement dans la pénombre.
Triste et envoûtante dans son éphémère splendeur,
Elle frémit, fragile, sous le souffle saccadé qui la déchire.

Ténébreuse sarabande d'une nuit d'été...
Les fleurs meurtries se fanent doucement
Et leur corps s'effondre, apaisé.