4. Samedi 26 juin 1999
Aux tréfonds de sa gorge sommeille l'air obscur
Qui balaie tout être et propage la nuit
Aux rives de son oeil où plus aucun ne dure
Repose cette branche grise que je suisL'histoire vieillisante de notre espérance
A gravé sur ses lèvres comme un tapis de rides
Et ses cheveux n'ont plus la couleur de l'enfance
Et sa peau a le goût de l'amer, de l'acideElle est maigre et malade et au creux de sa face
L'avenir de chaque homme semble se miroiter
Car elle connait la voie de la fin de l'angoisse
Et le dormir si doux qui succède au pêchéDe cette rive à l'autre, elle a porté tant d'âmes
Que ses bras épuisés peu à peu se défont
Mais elle sait que jamais ne s'éteindra la flamme
Qui vient bruler les hommes et leurs oraisons
Et si celle que j'aime a le nom d'agonie
Venant quérir une âme où le souffle n'est plus
Elle trouvera l'absence pour seule compagnie
Et la mémoire lasse des amours déçues