3. Vendredi 11 juin 1999

Car il n'est pas de brume et il n'est pas de vent
Car il n'est pas de pluie et il n'est pas d'orage
Car ces eaux si paisibles où j'ai noyé mon temps
Engloutissent la haine, l'amour et la rage

Car la fadeur des jours a trouvé dans mon ombre
Une loge sordide où dorment les passions,
Une antre sans issue où défile le nombre
Immense et ridicule de mes déceptions

Car la chair maladive abhore la lumière
Car le fruit pourissant ne songe au lendemain
Qu'en brandissant les restes des aimées d'hier
Inutiles remparts aux appels de la fin.