A Alain Malek
13.03.1973 - 13.04.2000


Le temps s'est endormi, comme soudain percé
Par les fourches d'un vent de misère et de peine.
Venu de ta jeunesse la flamme souffler,
Il a couvert nos mondes de sa froide haleine.

Un vent brusque et aveugle que nous n'avons senti
Que trop tard pour te dire une amitié sans fards,
Que trop tard pour te dire tout le poids sur nos vies
Qu'a posé l'injustice et l'heure de ton départ.

Comme est loin le futur que nous avions rêvé,
Qu'elle est lourde la tâche et comme elle semble vaine,
Alors que de ton âme il ne nous va rester
Que la mémoire aigüe, incessante et obscène:

Ton regard et tes gestes et chacun de tes pas
Ton esprit et ton rire, le génie de tes mains
Et l'écho d'un prénom que l'on n'oubliera pas
Tu vis dans nos mémoires comme un songe, Alain.